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Pierre était alpiniste, conseiller technique de grandes marques de montagne et ingénieur
au CEMAGREF de Grenoble.
Scientifique de père en fils, Pierre s’inscrit dans la tradition familiale et suit les traces de son grand-père Henri Béghin.
Ce dernier fut un éminent théoricien qui s’est entouré d’ingénieurs pour la réalisation de ses inventions.
Il achèva ainsi à Lille un second type de compas gyrostatique de haute précision, asservi à une direction fixe, qui s’est avéré précieux pour le pilotage automatique en navigation aérienne et maritime.
Il mit au point un sextant gyrostatique et un repère zénithal destiné à être associé à un viseur de bombardement.
Il fut nommé professeur à Paris en 1929 et, peu après, à l’Ecole Polytechnique. Il fut élu membre de l’Académie des Sciences en 1946.
Pierre, jeune ingénieur de l’Ecole des Mines, a préparé une thèse de Docteur Ingénieur au laboratoire de Mécanique de Grenoble, dans le cadre d’un contrat qui liait le CEMAGREF et l’Université.
Au cours de son travail de recherche, Pierre a bien sur trouvé le temps de faire de formidables hivernales.
En mai 1979, il a soutenu la thèse suivante : Etude des bouffées bidimensionnelles de densité en écoulement sur pente avec application aux avalanches de neige poudreuse.
Au début de l’année 1980, Pierre a eu la chance qu’un poste se libère au CEMAGRF au moment même ou il souhaitait entrer dans la vie active.
Cette chance lui a permis de faire coïncider l’ensemble de ses passions. Comme il aimait le dire « neige, avalanches et Himalaya tout cela a un petit air de famille ».
Au début des années 80, Pierre a rejoint l’équipe nivologique du CEMAGREF dirigée par Gérard BRUGNOT. Il a dans ce cadre réalisé des études qui consistaient à reproduire dans de grands « aquariums » les avalanches observées sur différentes zones de montagne. Il a réalisé, secondé par Frédéric ROUSSET, des études sur des bassins supportant jusqu’à 20 tonnes d’eau dans lesquels dévalèrent des milliers d’avalanches, en utilisant différents matériaux (argiles très fines, microbille de verre, sciure calibrée).
Il s’est aussi intéressé aux turbidites (avalanches de boues sous-marines) connues pour être à l’origine des coupures de câbles téléphoniques transatlantiques.
Véritable précurseur dans les méthodes qu’il utilisait pour réaliser ses études, Pierre est devenu le spécialiste des avalanches en laboratoire.
Pierre était reconnu par ses pairs à l’internationale et collaborait à de nombreux programmes. Il réalisait des études systématiques sur les sites de montagnes à protéger.
Le dernier objet d’étude de Pierre au CEMAGREF a porté sur l’influence des facteurs de sédimentation sur la dynamique des courants de gravité.
Sa détermination et son enthousiasme se retrouvaient tant dans son travail que dans son engagement pour l’Himalaya.
Animé par son désir d’exploration, Pierre partait chaque année en Himalaya. Au cours de ses multiples expéditions, il a pu éprouver les limites de l’homme face à la montagne. Aussi se plaisait-il à dire « jusqu’alors, la montagne a été magnanime avec moi » … |
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